Les changements apportés au questionnaire depuis 1971 et une importante migration différentielle selon la langue ont compromis la comparabilité des données des recensements successifs sur les transferts linguistiques entre l’anglais et le français dans la majeure partie du Québec. Dans les deux régions les moins touchées par ces difficultés, la dynamique de l’assimilation entre l’anglais; et le français semble en 199 1, en dépit des politiques linguistiques favorables au français, jouer au profit de l’anglais autant sinon plus qu’en 1971. Cette domination de l’anglais se poursuit malgré une hausse sensible du poids relatif de la population francophone et un rétrécissemenlt marqué de l’écart entre la connaissance de l’anglais et celle du français dans les régions étudiées.
Cette étude traite des variations de la mortalité en Jonction de la pauvreté dans la portion québécoise de la région métropolitaine de recensement d’Ottawa-Hull (Outaouais urbain) et dans l’ensemble des six plus grandes agglomérations urbaines (RMR) du Québec, à partir d’une approche écologique à l’échelle des secteurs de recensement. Les taux de mortalité observés dans les secteurs de l’Outaouais urbain sont comparés à ceux observés dans des quintiles regroupant les secteurs de richesse similaire des six RMR confondues. Les résultats indiquent que le gradient des taux de mortalité des hommes des secteurs les plus riches à ceux des hommes des secteurs les plus pauvres est plus abrupt en Outaouais urbain que dans l’ensemble du Québec urbain. Les taux de décès sont également plus élevés dans les secteurs de l’Outaouais urbain que dans les secteurs de richesse comparable du Québec urbain. Dans l’ensemble, la surmortalité observée en Outaouais urbain concorde avec sa pauvreté relative au sein de la RMR d’Ottawa-Hull, même si le revenu moyen y est plus élevé que la moyenne québécoise.
Depuis le début du siècle, le taux de « criminalité » à Hull a fait à cette ville une réputation peu enviable, qui lui a valu le surnom de « Petit Chicago ». Nous verrons que son état de ville frontalière et la tolérance différentielle affichée par les Ontariens et les Québécois en matière de consommation d’alcool y ont eu une influence prépondérante sur le « crime » et l’activité policière tout au long du XXe siècle.
L’étude des migrations quotidiennes des travailleurs d’après les données des recensements n’est possible que depuis 1971. L’auteur confronte les résultats d’une recherche exploratoire sur l’importance et les caractéristiques de cette mobilité dans la région frontalière de l’Outaouais aux principales propositions de la théorie du capital humain. À l’aide des mêmes informations, il essaie de mieux évaluer le degré d’interdépendance économique, voire de dépendance, entre les municipalités ou les régions d’un espace géopolitique donné.
Les réseaux de contacts des groupes de femmes de l’Outaouais se situent principalement à l’intérieur de la région et s’étendent rarement du côté ontarien. Il en ressort deux dimensions majeures : les contacts entre groupes de femmes et les contacts relatifs au domaine d’intervention précis. Les résultats de cette enquête sont confrontés au débat sur l’intégration de l’Outaouais à la grande région de la capitale fédérale.
Cette étude présente une mesure de l’évolution des disparités linguistiques de revenu dans la région d’Ottawa-Hull entre 1970 et 1980. Les données sont compilées sur la base des municipalités et des secteurs de recensement et permettent une comparaison des revenus des francophones et des anglophones. Les calculs prennent en considération, d’une part, le revenu familial total moyen d’une municipalité ou d’un secteur et, d’autre part, la proportion de francophones que l’on y trouve. De plus, les taux de chômage selon l’appartenance linguistique montrent que les disparités ont encore une ampleur appréciable en 1980. Il faut cependant noter une légère tendance à long terme à la réduction de ces disparités.
L’étude s’intéresse au problème de la migration de la population des municipalités de l’Outaouais selon les différentes catégories d’âge. Une analyse en composantes principales après transformation KHI, appliquée à une matrice évaluant les écarts entre la population réelle en 1981 et la population estimée à partir d’une hypothèse de population fermée, a permis d’identifier les principaux comportements migratoires associés aux différentes catégories d’âge. Les résultats montrent l’importance du rôle joué par certaines catégories, notamment celles à l’intérieur desquelles des changements dans la composition du ménage ont une plus grande probabilité d’occurrence. Enfin, l’analyse des notes factorielles souligne le caractère particulier des municipalités de la Communauté régionale de l’Outaouais par rapport à celles se situant dans les municipalités régionales de comté de l’Outaouais.
La mobilité linguistique se solde dans l’Outaouais par une légère anglicisation de sa population francophone avec un taux net se maintenant environ à 2% depuis 1971. Les transferts nets du français à l’anglais sont un peu plus fréquents dans la conurbation de Hull qu’en région rurale. En milieu urbain, ces transferts sont compensés partiellement par une certaine francisation d’allophones. En comparaison, de 1971 à 1986, l’anglicisation des francophones a augmenté sensiblement dans la conurbation ontarienne d’Ottawa, s’élevant jusqu’à 23% au dernier recensement. Cette différenciation de la situation linguistique de part et d’autre de la frontière interprovinciale s’expliquerait davantage par une migration interne différentielle selon les affinités linguistiques que par un impact direct des lois linguistiques du Québec (22 ou 101) sur le comportement linguistique des habitants de l’Outaouais.
Les auteurs s’intéressent ici à la notion de pays telle qu’utilisée par Blanchard dans son étude consacrée à la région de l’Outaouais. Ainsi, après avoir rappelé quelques faits généraux sur l’emploi de cette notion par Blanchard, ils précisent le contexte particulier dans lequel celle-ci a été employée pour saisir une certaine forme de différenciation spatiale à l’intérieur des limites de l’Outaouais. Enfin, dans une brève analyse de l’évolution de l’espace ethno-linguistique de la région, à partir de la description qu’en a faite Blanchard, ils s’interrogent sur la pertinence de la notion de pays pour saisir la réalité ethno-linguistique de l’Outaouais actuel.